BELLE & SEBASTIAN + JIM YAMOURIDIS
 

Critique du 24 mars

Belle & Sebastian ça pourrait être le nom de code pour tous les amoureux de la pop.
Mais c’est quoi la pop au XXI eme siècle ? me demande mon voisin.
La pop au XXI eme siècle, ce n’est pas la soupe populaire servie sur les téléviseurs du monde entier.
Non, c’est la musique qui te met le sourire en coin quand t’es triste et écouter Belle & Sebastian, ces experts de la pop song éternelle, c’est retrouver quelque chose de l’innocence perdue de la pop.
Et un amoureux de la pop ?
C’est un émotif, ou un dépressif c’est selon. Le monde n’est pas fait pour lui. Il lui préfère les disques de sa chambre d’adolescent .
Au lieu de réfléchir sur la musique, tu ferais mieux de la ressentir.
Peut être

*

Malgré une réputation scénique peu flatteuse, on se devait d’être présent au concert de Belle & Sebastian. Pour les remercier.
Une salle pleine, une première partie tristounette, deux bières avalées, et les voilà qui arrivent.
Gueule d’étudiants mal fagottés, T-shirt The Smiths pour Stuart Murdoch, c’est par une mise en bouche instrumentale que débute ce concert tant attendu.
Après un départ poussif, la faute au choix des morceaux, le concert gagne petit à petit en intensité. Tout le collectif est bien en place, personne ne se met en avant, on s’applique à reproduire les arrangements en amplifiant le son, en accélérant le tempo.
Les titres de If you’re feeling sinister se révèlent meilleur sur la scène de la Coopé que sur disque, chose que l’on croyait impossible.
On se surprend même à trouver le son trop fort sur le final de Stars of Track and field.
Le groupe commence à trouver son rythme, et nous notre bonheur, que déjà c’est fini.

*

Je rejoins mon véhicule, et je me perds dans mes pensées. Qui es tu Stuart Murdoch ? Toi que je croyait autiste et que j’ai vu plaisanté avec le public.
Tu as même dansé tel un robot désarticulé, heureux, sur une chanson aux teintes électroniques et aux guitares tranchantes.
On peut donc être heureux et écrire les chansons les plus mélancoliques de son époque.

*

Malgré une salle pleine, malgré la reconnaissance critique, la pollution musicale fait de tels ravages que ce groupe n’existe pas.
Alors, ils enregistrent des disques, font de rares concerts, avec, je suppose, une mince lueur d’espoir que quelqu’un, quelque part, un jour, les écoute.
Et vive avec leurs disques, comme eux ont vécu avec les disques des autres.
J’espère que nous les avons rassurés.
Dans un monde parfait, ces gens là ne feraient pas de musique.
Dans un monde parfait, on n’aurait pas besoin de leurs disques non ?

Michel Michel

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