| THE
BELLRAYS + THE SAILORS |
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Critique du 18 novembre
Pour leur retour à la Coopérative
de Mai, les BellRays ont pris soin de se faire accompagner
par une bande dAustraliens bien déjantés, The
Sailors
Visiblement sous le charme, Tony Fate et
Bob Vennum des BellRays assisteront dailleurs
à lintégralité de leur prestation.

Jusquà aujourdhui, les disques
des surprenants Sailors sont uniquement disponibles en import
chez Dropkik Records, un label qui héberge aussi des légendes
comme Andre Williams, New Bomb Turks et Bob Log
3. Si les Sailors continuent à offrir des prestations
de cet acabit au public, il serait bien étrange que personne
ne prenne le risque de les distribuer plus largement !
Forts des leurs deux albums et dun EP, les quatre musiciens
ont fait étalage de leurs côtés iconoclastes
et monomaniaques. Viktor (guitare, voix), Vernon (guitare
voix) Hector (batterie, voix) et Geronimo, (orgue)
nont que deux choses en tête : le garage rock et le
sexe, plus particulièrement le sexe entre hommes. Nous aurons
donc droit pendant 45 minutes à un rock garage sonnant bien
roots et approximatif accompagné de textes très épicés.
Un exemple ? Le titre YCMA (pour Your cocks, my ass)
est présenté par un tonitruant « Ta bite,
mon cul ! » par le psychopathe guitariste chanteur habillé
avec un gilet en peau de bête du meilleur effet. Pendant tout
le morceau son collègue guitariste/chanteur hurlera le refrain
(Your cocks, my ass !) comme sil était vraiment
tenaillé par un désir irrépressible. In
the navy et YMCA des Village People semblent avoir
bouleversé nos marins australiens ! Tout ceci est assez drôle
car il est finalement assez rare dans le monde très viril
et hétéro du rock de plaisanter sur ce sujet délicat,
voire davouer carrément quon aime prendre une
bonne bite dans le cul comme les Sailors. En 2003, la morale
préfère toujours deux mecs qui sentre-tuent
à deux mecs qui senculent, pourquoi ?
 
Mais The Sailors ne se résument pas à ça :
ils sy entendent parfaitement pour plonger leur public dans
un rock basique, puissant et original. Une guitare exécute
une rythmique ultra basique en son clair, lautre joue une
partie distordue, le batteur cogne comme un damné en vociférant
pour aider ses deux camarades, enfin, un organiste donne une couleur
sixties et kitsch imparable à lensemble... Personne
ne se soucie daccorder sa guitare ou de chanter juste, cest
plutôt rassurant !
Nos gais lurons se lancent alors dans un nimporte quoi assez
jouissif : une version de Pop Corn du groupe Hot Butter
rebaptisée ici Cop Porn. Nous sommes là
en total décalage avec le garage rock prôné
depuis le début du concert. Et le public nest pas au
bout de ses surprises, les Sailors se lançant ensuite
dans un reggae dont le texte dit en substance : Lets but
back the gay into reggae.
Rock n roll, provocateurs, hilarants, puissants, The
Sailors sont là pour durer

Après le concert danthologie donné
à la Coopé en février 2003, comment résister
à lenvie de reprendre une bonne décharge de
Maximum rock & soul live en ce 7 novembre 2003 qui sannonçait
torride ? Pour être franc, on serait venu sur les mains ou
sur les genoux ou
En clair, on attendait ce retour avec une
telle impatience quon aurait été présent
quel quen soit le prix !

Après un court passage de jazz bruitiste,
les BellRays se lancent immédiatement dans un Too
many houses in here qui ropulse lassistance dans la stratosphère
sonique. En quelques secondes, Tony Fate fait corps avec
sa guitare et joue comme sil était possédé,
Bob Vennum balance des lignes de basses hyper puissantes
et Eric Allgood essaye denfoncer sa batterie dans le
sol
Lisa Kekaula, quant à elle, chante divinement
à la Tina Turner/Janis Joplin/Aretha Franklin et dégage
une énergie hallucinante. Cette furie noublie jamais
dharanguer la foule avec dincessants "Are you
ready ?" et descendra même deux fois dans le public
.
Tout en se frottant à ses partenaires pour les galvaniser
encore un peu plus, elle joue du tambourin comme si elle faisait
des incantations. Elle voudrait provoquer lapparition du démon
du rock n roll en chacun de nous, elle ne sy prendrait
pas autrement !

La musique des Californiens emprunte des chemins tortueux pour parvenir
à un seul et unique but : rendre tout le monde dingue et
surpendre. Des courts passages soul/jazz sont suivis de déluges
sonores Stoogiens comme sur Street corner. Le public
croit quil va pouvoir respirer pendant les titres calmes mais
ceux-ci ne durent pas plus de deux minutes ; ils sont carrément
envoyés aux oubliettes par des torrents de lave en fusion.

Pendant une heure, le groupe enchaîne sans temps morts les
titres de Meet The BellRays et The Red, White and
Black, ses deux excellents albums distribués en France
Ahhhhh, se prendre en pleine tronche Fire on the moon, Blues
for godzilla, Sister disaster, Under the mountain et Revolution
get down, puis se faire percuter de plein fouet par Voodoo
train, Youre sorry now, Zero PM, Changing colors ou Poison
arrow, que cest bon ! Finir à genoux sous les coups
de boutoirs des BellRays, cest réellement le
bonheur total.
 
Devant le ferveur du public, de plus en plus déchaîné,
le groupe accorde deux rappels survoltés auxquels les cordes
de la guitare de Tony Fate ne survivront pas. Cest
normal avec un tel traitement de choc. Ce groupe à un tel
potentiel de morceaux et une telle puissance de feu quon peut
le voir sur scène à de nombreuses reprises sans ressentir
le moindre début de lassitude !
A lire également : une
interview des BellRays.
Sites Internet officiels : thesailors.biz,
www.dropkick.com.au
et www.thebellrays.com.
Pierre Andrieu
Photos : Jean-Pascal Blache
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