CHRIS WHITLEY + ALICE TEXAS
 

Critique du 6 octobre

Pour " mon " ouverture officielle, et après trois mois de repos forcé , c'est Chris Whitley et Alice Texas qui vont essuyer les plâtres. Que voulez vous, il faut bien que quelqu'un paye cette attente…

Le label Fargo, distributeur d'artistes américains sur notre territoire, nous proposait hier soir, un cocktail savamment dosé. Alors, pourquoi se priver de ce moment. Rideau maestro…

La première constatation de cette soirée sera le désengagement du public. Car désengagement il y a eu ! La petite centaine de pékins présents hier soir en fut, et cela est normal, sûrement très surpris. Mais après tout, me direz vous, les absents ont toujours tort.

C'est donc la formation d 'Alice Texas qui arrive la première sur scène. Le trio New-Yorkais va s'appliquer dès lors à jouer une néo-country bluesy dont les tenants et les aboutissants ne vont pas toujours se rejoindre. Avec une voix, pas assez en avant à mon avis, mais réellement très P.J. Harvey, la petite et frêle New-Yorkaise va assurer dans la douleur, et avec le besoin d'être rassurée, un set d'une petite heure. De plus et pour ne pas lui faciliter la chose, notre Pocahontas va être confrontée à de multiples incidents techniques en début de concert. Une fois le tout réglé, le concert va se dérouler sans trop d'éclats. Presque trop monocorde. Est-ce du à un chant plus parlé que chanté, un manque de bassiste, un manque de… En tout état de cause, il faut bien se rendre à l'évidence. Les deux derniers morceaux du trio joués en compagnie du bassiste de Chris Withley seront les meilleurs, et de loin. Pour en finir avec Alice il va bien falloir parler du Baron. Guitariste français, ayant joué entre autre avec J.L. Aubert (sur H ), et maintenant exilé aux U.S. Son apport scénique ne fut pas d'une grande efficacité. Dommage car ce garçon, qui entretient un look assez androgyne, a pourtant du talent. Mais hier soir, cela ne semblait pas lui effleurer les doigts.

L'arrivée sur scène de Chris Withley et de ces deux acolytes se fera dans la plus stricte simplicité.
Avec une coupe de cheveux plus courte et épineuse que sur ses dernières photos, Chris Withley apparaît presque comme un adolescent. En tous cas le gars est sec comme… l'iguane et semble être affûté comme un sabre.

Le début du set sera comparable à celui de notre " Pocahontas ". Dans la soirée pédale en vrac, je voudrais le père !!! Bonne pioche mon gars, tu peux commencer à jouer quand tu veux !!! Nous frisons la débâcle ! Appelez moi le responsable qu'on lui coupe la tête. Bon cela semble enfin pouvoir et vouloir démarrer.

Après un premier morceau qui servira plus de balance que de véritable introduction au set, l'heure quinze qui va défiler ne sera que du plaisir. Oh, bien sûr, nous n'aurons pas d'envolées mémorables ni même de riffs survitaminés. Je suis sûr que ce n'est pas cela que nous sommes venus chercher. Bien au contraire, le touché de Withley est classieux et le blues rock que va nous délivrer le groupe va être cinglant. Vif comme une volée de jonc qui vous fouette les oreilles. L'apport de l'ami Matthias à la batterie n'y est sûrement pas anodin.

Ce mec m'a secoué puis surpris par la qualité de son jeu de batterie. Une rapidité d'exécution remarquable, un son sec et clair, qui vous sublime les écoutilles, le tout arrosé d'une énergie dévastatrice. Bref, un pur bonheur auditif. Le reste découlera bon train, sans remue-ménage, laissant, une fois de plus, une sensation d'inachevé.

Jean-Michel Planat

Vous pouvez également lire la chronique de Pierre Andrieu

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