Critique
du 30 octobre
Il y a quelques années, la prestation de Keziah Jones
dans le cadre du festival Rock Au Max à Thiers avait
été catastophique. En ce triste jour de juillet 99,
il avait fait étalage de sa nature capricieuse et égocentrique
en se comportant en tyran avec son roadie guitare et ses musiciens...
puis en quittant carrément la scène sur un coup de
tête.
Si en 2003 Keziah Jones reste conscient de son physique avantageux
et de son toucher de guitare envié, il semble aujourdhui
plus détendu sur scène
En plus davoir
indéniablement influencé son nouvel album Black
Orpheus, sa rencontre avec Fela Kuti semble lavoir
fait mûrir. La photo du maître Fela trône
dailleurs sur lampli de Keziah, sans doute une
manière de profiter de son aura.
Le nombreux public de la Coopérative de Mai a donc pu apprécier
pendant presque une heure et demie la superbe voix du Monsieur,
son jeu de guitare inimitable et ses musiciens (basse, batterie,
claviers, percussions), excellents. Avant de jouer son tube Rythm
is love en rappel, Keziah Jones avait pris soin de présenter
avec classe son nouvel album en effectuant quelques retours en arrière
vers ses premiers efforts.
Quel que soit le morceau interprété, cest un
véritable régal de voir et dentendre jouer ce
virtuose plutôt sobre
Le jeu de guitare percussif de
Mr Jones se mêle admirablement à celui de son
bassiste : on se demande même parfois qui joue quoi car la
basse sonne comme une guitare alors que celle-ci emprunte des sonorités
propres à la basse. Keziah Jones se permet même
dinterpréter un titre sans sa guitare, prouvant ainsi
définitivement quil est aussi un grand chanteur.
En mélangeant les sonorités de la musique africaine
avec ses traditionnelles influences - le blues, le funk, la soul
et le rock de Jimi Hendrix - ce jeune musicien doué
permet à son public deffectuer un enrichissant voyage
musical quil souhaiterait toutefois un peu plus long, en témoignent
les cris et les sifflets saluant le retour de la lumière
dans la salle.
Pierre Andrieu
|