Critique du 27 novembre
Je ne peux pas commencer cette chronique sans mettre les choses
au clair : je n'apprécie pas Jean-Louis Murat. Je
ne connais pourtant ni l'homme, ni son caractère, ni tout
ce que vous voulez
Mais sa façon de se la jouer grave
et de prendre les gens de haut me gonfle énormément
pour ne pas dire plus. Je ne reviendrai, même pas, sur son
attitude lors du concert de Richard Hawley. Cela n'en vaut
vraiment pas la peine. Il n'empêche que toutes ces choses
m'ont toujours poussé loin de ses disques.
Seulement, un jour, ma position a évolué. Et ça,
je le dois, si j'ose dire, à Pierre. Mais oui, vous
savez bien, notre Pierre Andrieu à nous.
Connaissant mon opinion sur le sujet, Pierre va me pousser
lentement et de façon très habile vers Lilith
le dernier album de Murat. Je lui en veux encore d'ailleurs
Car, depuis ce jour, je n'apprécie toujours pas l'homme,
mais l'artiste Murat m'a mis sur le cul. Oui, oui, sur le
cul. De ce fait, je me retrouve dans la grande salle de la Coopé
à gober les mouches tout en écoutant Jean-LouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiS.
Pour la dernière date de sa tournée 2003, et avant
de repartir début 2004, JLM a décidé
de finir chez lui, face à " son public ".
C'est donc devant un millier de personnes que JLM, accompagné
de Fred JIMENEZ et Stéphane REYNAUD, rentre
sur la scène de la grande salle. Fagoté d'une grande
liquette bien dans le style " bougnat " et rasé
avec les pieds d'un réveil, JLM se montre tel qu'en
lui même
De plus, le gars semble d'un gracieux incommensurable.
Ce n'est pas le bonsoir glacial et forcé qu'il va lâcher
au public qui va nous prouver le contraire. Et cela va continuer
lors du premier morceau, en l'occurrence Miura. S'arrêtant
de jouer au bout de quatre accords pour remonter ses manches- il
est vrai qu'il ne pouvait pas y penser avant- l'ensemble paraît
plus que tendu. Au bout du compte, il lui faudra deux à trois
morceaux pour enfin sortir de son état post critique. Le
manque de sommeil ne semble pas lui convenir !
A partir de là, tout va réellement changer. Avec deux
très bons musiciens, qui lui assurent une rythmique remarquable,
JLM va nous proposer, durant deux heures dix, un concert
remarquable en tout points. Ce n'est pas l'apport occasionnel de
Denis Clavaizolle au piano, qui gâchera la chose. Bien
au contraire. Alternant les moments forts et plus rock, aux moments
tendres et solitaires, le groupe sera en parfait accord.
Comment résister à la profonde sensualité de
Qui est cette fille ?, La maladie d'amour et de Se mettre aux
anges, à la coquinerie du Voleur de rhubarbe et
du Mou du chat, au fond jazzy d'un superbe Emotion
Il y aura même des passages assez surprenants et très
agréables à la fois. Pour preuve, les moments où
JLM parlera avec le public. Avec un humour froid et pincé,
il causera du " pays ", allumera un spectateur
indiscipliné et fera même chanter les gens sur L'au-delà
et Le cri du papillon. Ses deux morceaux s'enchaîneront
d'ailleurs de la plus parfaite des façons. Belle performance
pour un tendu du cul comme lui.
Le concert se finira avec Les jours du jaguar, titre qui
ouvre Lilith, son dernier album en date. Joué dans
une version beaucoup plus longue et plus " couillue
", ce morceau dégagera une force et une rage insoupçonnées
chez cet homme. Une pure merveille.
Pour conclure je ne peux que remercier Pierre, qui m'a poussé
jusque-là, et me dire que j'ai encore beaucoup de travail
pour mieux appréhender l'artiste Murat. Mais rassurez-vous,
je n'apprécie toujours pas le personnage même si ma
vision des choses a évolué.
Jean-michel Planat
Vous pouvez également lire la chronique
de Pierre Andrieu
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