Critique du 29 novembre
Après avoir fait cause commune sur une dizaine de dates en
France, le duo Jean-Louis Murat/Rogojine revenait au port
pour un dernier concert (pour le moment ?) à Clermont-Ferrand
Les quatre Rogojine, (Jérôme, Christophe,
Cherif et Philippe) ont fait bonne impression à la Coopérative
de Mai, comme sur le reste de la tournée semble-t-il. Fort
dun premier album distribué nationalement, Le bord
de leau
et la rivière plate, les Riomois
ont, une nouvelle fois, distillé leurs captivantes ambiances.
Entre autres bons moments, Rogojine a délivré
une version totalement magique de son morceau fétiche, Aquaplanning
Pendant la pause, les pompiers de lassociation Clermauvergne
viennent remercier la foule pour son soutien lors du concert de
juin dernier, les bénéfices permettent lenvoi
ces jour-ci dun container pour le village de Koloko.
Quand on joue à domicile, on est toujours tendu, cest
normal
Jean-Louis Murat semble donc un peu crispé
sur les premiers morceaux de son concert à la Coopérative
de Mai, il envoie même une petite pique au sonorisateur. Malgré
cela les deux premiers morceaux sont magnifiques : Miura
et La maladie damour font partie des meilleures compositions
récentes de JLM
Puis Murat se décontracte
et demande avec son ton inimitable si « ya des gens
» du Mont Dore, de La Bourboule, de Rochefort Montagne, de
Nébouzat, de la place des Salins ou de la place Gaillard,
de la Fontaine du Bac, de Lozère, de Bourges ou de
Paris. « Oui ! » Tout le monde est là,
hilare, cest parti pour un concert exceptionnel.
Comme aux EffervEssonne quelques jours plus tôt, Fred
Jimenez et Stéphane Reynaud font preuve dune
sobriété et dune classe hallucinantes
Le fidèle parmi les fidèles, Denis Clavaizolle
vient même égrener quelques notes au piano sur Jim
et Lau-delà, deux moments forts du concerts.
Quant à Jean-Louis Murat, il séclate
comme un fou à la guitare (Telecaster, Epiphone ou guitare
folk) tout en chantant divinement. Le public a même la possibilité
de chanter les refrains des deux derniers singles, Lau-delà
et Le cri du papillon, tout en tapant des mains. Qui a dit que
Murat ne se souciait pas de ses fans ?
Même si Murat trouve le moyen de saboter une de ses
meilleures chansons en miaulant sur Qui est cette fille,
ce morceau avec Fred Jimenez au piano reste une perle difficilement
égalable
Il faut aussi parler de moments encore plus
magiques que les autres : le bucolique Le voleur de rhubarbe,
linterprétation seul au piano du chef doeuvre
Se mettre aux anges, le bouleversant Mustang, la folle
chevauchée sonique Les jours du jaguar ou lexcellentissime
Foule romaine.
Après un « Bonsoir Saint Sauves » (quil
avait oublié de citer précédemment), Jean-Louis,
Fred et Stéphane saluent ensemble le nombreux public
et mettent un point final à la première partie de
la tournée Lilith. On reste coi devant tant de classe
A lire également : une
interview de Rogojine en 2002 ,
une interview de J.L. Murat à loccasion de
la sortie de lalbum Lilith et une interview
de JLM évoquant le concert humanitaire pour Koloko.
Sites Internet officiels : www.rogojine.com
, www.jlmurat.com
et www.labels.tm.fr.
Pierre Andrieu
Vous pouvez également lire la chronique de Jean-Michel
Planat
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