PARABELLUM + THE FINGER
 


Critique du 18 novembre


Intercalé entre Frank Black et The BellRays, le retour du groupe de punk français Parabellum faisait un peu moins rêver. Surtout en l’absence des Svinkels (initialement prévus) et si on était passé à côté du groupe pendant son heure de gloire. Pourtant, la reprise de Cayenne exécutée par Pustulle l’Ardéchois sur scène avait donné envie d’entendre la version originale. C’est donc avec une bière(s), un chien, des vieux vêtements et des épingles à nourrice (les clichés, toujours les clichés, y’en a marre !) qu’on se dirige vers le club de la Coopérative de Mai. Sur les lieux du crime, un public fervent (malgré le poids des années) attend ses héros de pied ferme.

En première partie, le groupe punk en provenance de Montluçon The Finger fait preuve d’une énergie communicative. On se croirait presque à un concert des Bérus à la Maison du Peuple dans les années 80. Tout y est : musique punk jouée sans fioritures et textes revendicatifs (en vrac le sujet des chansons : les harkis, Sarkozy, les hôpitaux psychiatriques, fuck le gouvernement… ). Tout ceci n’est pas d’une extrême finesse mais ça défoule, c’est l’essentiel ! Cerise sur le gâteau, nous aurons droit à une bonne série de reprises approximatives (comme le veut le style) : Kick out the jams motherfucker du MC5, Hélène et le sang de Bérurier Noir, Blitzkrieg Bop des Ramones, et un extrait de Cayenne de… Parabellum, la boucle est bouclée.

Après cette introduction bien dans l’esprit, place aux vétérans du punk français, j’ai nommé Parabellum. Fidèles à leur (bonne) réputation scénique, après une intro musicale et la projection d’un flingue en fond de scène, ils attaquent par un petit… Cayenne (décidément !), plutôt bien envoyé. Ce qui frappe d’entrée le novice, c’est que ça ne sonne pas vraiment punk mais plutôt rock, voire hard rock quand Sven, le guitariste à cheveux longs, se lance dans des solos de guitare un peu discutables… Avec sa couronne sur la tête, certains lui trouvent même une ressemblance avec le chanteur de Gong, un comble ! Malgré la puissance de feu du groupe et sa joie de jouer, une moue dubitative fait son apparition. Oui mais voilà, le dénommé Schultz bénéficie d’un tel charisme et d’une telle voix que, petit à petit, on se laisse convaincre. Les hymnes repris en chœur le sourire aux lèvres par tout le groupe (et le public) se suivent et se ressemblent mais qu’importe, ces « vieux cons » ont réussi à réveiller le punk qui sommeillait au plus profond de nous !

Après avoir vu les Svinkels l’interpréter au Pocoloco, on voulait absolument entendre Anarchie en Chiraquie par Parabellum. Notre vœux est exaucé au cours d’un medley final. Cet hymne à la Corrèze libre finement écrit est vraiment réjouissant ! Et finalement, on se rend compte qu’un manque de finesse flagrant dans un monde de brutes épaisses, ça fait du bien par où ça passe.

Après avoir repris le Port d’Amsterdam de Jacques Brel à sa sauce, nos quatre héros rendent un hommage appuyé à Joey Ramone et Joe Strummer en interprétant What a wonderful world de Louis Amstrong version Punk. C’est en effet un des derniers titres enregistrés avant sa mort par le chanteur des insurpassables Ramones. Nous n’échapperons pas à la troisième version de la soirée de Cayenne … Allez on répète tous en chœur : « Mort aux vaches, mort aux condés... et vive l’anarchie ! ».

Pierre Andrieu

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