Critique
du 30 octobre
Un
jour après lexcellent concert à guichets fermés
dAlain Bashung, la grande salle de la Coopérative
de Mai était à nouveau à la fête avec
la venue de James Yorkston & The Athletes et des Tindersticks.
Le public clermontois est décidément gâté
en ce moment !

En
ouverture des Tindersticks, James Yorkston & The Athletes
ont donné un concert de trente minutes remarquable de sobriété.
Le groupe a bénéficié dune audience recueillie,
attentive et finalement conquise par une telle démonstration
de talent.
Les bonnes compositions country folk de James Yorkston
sont parfaitement mises en valeur par un traitement minimaliste.
Le monsieur chante et saccompagne doucement à la guitare
tandis que ses acolytes rivalisent de toucher dans leurs interventions
à la batterie, à laccordéon, à
la guitare slide et à lorgue
Un groupe à
suivre.

Le
(très) grand moment de la soirée était bien
sûr, la première venue des Tindersticks à
Clermont-Ferrand. Certains attendaient ça fébrilement
depuis le premier album du groupe anglais sorti il y a tout juste
dix ans !

Le
miracle se répète à chaque fois : dès
les premières notes du magistral Another night in,
la musique suave et intense du groupe anglais fait son effet
on en a la chair de poule ! Puis Stuart Staples commence
à chanter et plonge instantanément le public dans
un état dextase quil ne quittera pas pendant
tout le concert. La voix de cet homme est dun sensualité
à peine croyable
Une prestation live des Tindersticks dans une salle adaptée
avec un public fervent, cest tout simplement magique.

Ces
musiciens sont capables démouvoir avec quelques notes
de violon, de vibraphone ou de claviers. La section rythmique, absolument
parfaite, se retire même quand les morceaux nont pas
besoin de ses services. Personne ne tire la couverture à
soi, chaque membre du groupe se met au service des chansons, il
est vrai magistralement écrites.

Néanmoins, Dickon Hinchliffe mérite
une citation particulière ; il habite littéralement
les morceaux avec son violon et se permet même de chanter
admirablement deux morceaux dont un Until the morning comes
totalement bouleversant.
Les applaudissements entre les morceaux se faisant de plus en plus
hystériques, Stuart Staples esquisse même un
sourire
Cest rassurant, tout le monde à lair
aussi heureux de passer ensemble un moment aussi beau. Le concert
se termine par Cherry Blossoms, une magnifique berceuse
jouée en formation réduite
Puis Stuart Staples
lance un « See you soon » et séclipse
lentement, nous laissant avec la délicieuse impression davoir
fait un long rêve éveillé.
Pierre Andrieu
(Photos Jean-Pascal Blache)
A lire aussi : une interview de Stuart
Staples et les chroniques des prestations live des Tindersticks
à Sédières
en juillet 2002 et à Vienne
en juillet 2003.
Site Internet Officiel : www.tindersticks.co.uk
Vous pouvez également lire la chronique de Jean-
Michel Planat |