FEIST + OLIVIA RUIZ + VIVE LA FêTE + APOSTLE OF HUSTLE
 


Critique du 25 octobre

Si la soirée « Vive les Femmes » a d'abord débuté par une prestation d'un trio masculin (Apostle of Hustle, invité au dernier moment par Feist), elle a parfaitement tenu ses promesses en termes de charme féminin. Le résultat a par contre était plus contrasté au niveau artistique. Rien à reprocher de ce côté là aux amis canadiens de Feist, le trio Apostle of Hustle a en effet délivré un excellent set de 30 minutes. L'univers de ce groupe est assez varié et orignal : on passe allègrement d'ambiances Americana à la Calexico ou Giant Sand à du reggae voire à de la musique cubaine, le tout chanté avec classe et joué de manière roots (guitare, basse, batterie, claviers). Apostle of Hustle recevra sur la fin l'apport des trois musiciens de Feist, avant de faire une apparition collective juste après avec la tête d'affiche : c'est vraiment la franche camaraderie entre les deux groupes.

L'auteure de Let it die a par la suite présenté son concert habituel (lire les chroniques de ses concerts à Bourges et Sédières), avec des morceaux très bien écrits, chantés de manière troublante et interprétés avec une guitare tranchante et un bon groupe. Même si la très belle jeune femme a tendance à énerver avec ses caprices de stars (aujourd'hui, les lumières - trop blanches à son goût - lui déplaisent), on n'est pas prêt de se lasser de la musique de Feist, une artiste capable d'accomplir l'exploit de faire sonner correctement une chanson des terrifiants (et fort heureusement morts) Bee Gees.

La suite va se révéler moins convaincante, mais tout aussi charmante : Olivia Ruiz présentant son premier album sur scène juste après, avec ses musiciens faire valoir. Si l'on constate que l'ex pensionnaire de la maison TF1 sait chanter et a fait un effort d'originalité par rapport à ses anciens camarades dans le choix de ses morceaux (ce n'est pas excessivement difficile), elle a gardé des tics Star Ac' rédhibitoires. Elle ne peut en effet s'empêcher de danser comme si elle était au « Prime » et devait aguicher son public. Quand on a pour prétention de faire de la chanson française réaliste (mais parfois « rajeunie » avec des grosses guitares poisseuses), ces chorégraphies formatées pour les bimbos sont quand même assez risibles. Musicalement, Olivia Ruiz présente une sorte de chanson variété loin d'être enthousiasmante. Cela étant, la petite est assez craquante quand elle danse !

Un qualificatif qui colle également parfaitement à Els Pynoo, la chanteuse/danseuse de Vive la fête ! Quand elle arrive peu après ses trois amis vêtus de noirs, maquillés, et visiblement chargés à mort (sourires béats et ricanement incessants), on constate que cette personne est habillée très court dans une tenue moulante révélant une poitrine opulente et des fesses charnues, ouch ! Pendant la durée du set, on a donc la surprenante impression d'assister à un peep show à Pigalle entrecoupé de couinements et hurlements en français, tout un programme. Els Pynoo danse et sourit mécaniquement, la drogue sans doute. Et que dire de ses acolytes ? Ils ont le grand mérite de faire un bruit d'enfer à l'aide de leurs instruments - claviers aux sonorités très Depeche Mode, basse aussi groovante que percutante et guitare tour à tour gadget ou puissamment rock. Vive la fête déroule son répertoire à la grande joie des quelques aficionados, aussi en joie que leurs idoles. On se prend donc le dissonant et hystérique Noir Désir en pleine tronche, on rigole franchement sur les pochades électro kitsch Nuit blanche ou Maquillage, on se trémousse violemment sur le medley ultra rock chanté par Danny Mommens (Real wild child / Ça plane pour moi) et l'on part se coucher après le dispensable mais plutôt bien envoyé Fade to grey signé par les peu recommandables Visage. Vive la fête ne mérite sans doute pas tout le battage fait autour de son disque (Nuit blanche) mais le groupe belge permet un joyeux pétage de plombs, c'est déjà pas mal.

Sites Internet : Apostle Of hustle, Feist, Olivia Ruiz et Vive La Fête

Pierre Andrieu

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