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Critique du 21 juin
Girls (& Boys) just want to have
fun with Hollywood Porn Stars
Le concert donné fin mai par les Belges d'Hollywood Porn Stars
à la Coopérative de Mai était tout à la fois rafraîchissant, puissant
et débarrassé des conventions en vigueur dans la pop bien pensante.
Ce combo au nom évocateur a en effet le grand mérite d'être une
sorte de croisement entre la pop de dEUS (chantée avec une voix abrasive
façon Tom Barman), le heavy rock survolté des Queens of The Stone Age et les hits radio idiots des
années 80 (le groupe arrive sur le « légendaire » Beat
it de Michael Jackson, reprend assez bien le discutable
Girl just want to have fun de Cindy Lauper puis laisse
le public avec Kids in America de l'ex pin-up blonde Kim
Wilde).
Le résultat final de cet accouplement contre nature est délicieusement
vulgaire, plutôt explosif et, contre toutes attentes, assez pertinent
: la voix acidulée du chanteur d 'Hollywood Porn Stars fornique
sans aucun tabou avec des riffs de guitares bien gras, des lignes
de basses méchantes et une batterie sèche, le tout avec des atours
immédiatement accrocheurs. Les morceaux alternent avec bonheur les
passages pop et presque hard rock : au détour d'un couplet violent,
l'auditeur peut se faire surprendre (agréablement) par un refrain
mélodique, et inversement.
Ces stars autoproclamées (en attendant mieux ?) ont assurément le
sens du gimmick entêtant et de la pop song faite pour les ondes
; si l'on considère l'ardeur qu'ils déploient sur les planches,
il ne serait guère étonnant de voir bientôt leurs tubes sur toutes
les lèvres. Après avoir crié, dansé et s'être éclaté pendant la
durée du show, le public repart satisfait, non sans être passé par
le stand merchandising pour saluer un groupe furieusement désireux
de faire la fête toute la nuit. Ah, c'est du propre.
Bientôt une Quidamania française
?
En première partie, le jeune groupe Quidam a lui aussi prouvé
qu'il avait la formule magique pour écrire des morceaux aisément
diffusables à la radio. Remarqué par le Big Jama Auvergne
et la Coopérative de Mai, puis par l'opération CQFD des
Inrockuptibles grâce à leur imparable titre Nos souvenirs
(on l'entend une fois, et après on le siffle sous la douche tous
les matins), le power trio auvergnat a également en stock d'autres
bombes promptes à déclencher une Quidamania en France ; en tout
cas, il s' est déjà constitué une solide base de fans dans sa région
d'origine.
En mélangeant habilement des musiques influencées par Placebo (guitares acérées et parfois
puissamment dissonantes à la Sonic Youth, l'inspiration première
pour le son du groupe anglais) et Muse (riffs de guitare catchy) avec
un chant surprenant (un accent en français identique à celui de
Brian Molko, une voix un peu maniérée et joliment ambigüe),
Quidam réussit à créer des titres pop/rock très radiophoniques.
Le tout est servi sur scène avec une énergie aussi juvénile que
communicative et une attitude bien rock par des musiciens qui donnent
tout : le chanteur guitariste se déchaîne sur sa guitare, le bassiste
le soutient parfaitement, tandis que le batteur défonce son instrument
comme un forcené.
Avec tous ces atouts en poche, et malgré deux titres calmes un peu
mielleux (et moins convaincants à notre avis), Quidam semble
armé pour aller loin. Le groupe vient d'ailleurs de « monter
» pour la première fois jouer à Paris, pour assurer la première
partie du concert d'Hollywood Porn Stars à la Boule Noire.
Ce n'est qu'un début, souhaitons-le.
Sites Internet : www.hollywoodpornstars.be, www.quidampropagande.com.
Pierre
Andrieu
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