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Critique du 18 mai
Un concert de rêve !
Sur le papier, le concert
des Anglais de Morning Star - avec en première partie les
Bordelais de Calc - avait des allures d'affiche pop parfaite.
Dans les faits, la soirée s'est déroulée comme dans un rêve avec
deux groupes fans et amis les uns des autres, une ambiance conviviale
et un public visiblement enchanté. Il faut dire qu'il fallait vraiment
y mettre du sien pour repartir mécontent après avoir assisté à pareille
démonstration de classe ! Pendant le bon concert de Calc,
qui alterne les morceaux pop sous influences Elliott Smith/Radiohead
du dernier album (Twelve
steps to whatever) et les titres plus rock de l'album
précédent, on ne peut qu'acquiescer et se laisser bercer par le
chant, les musiques et les mélodies du groupe français.
Les musiciens de Morning Star sont eux aussi sous le charme
; ils dansent au premier rang, tout en se lançant dans des applaudissements
nourris dès qu'ils le peuvent. Si Calc souffre toujours un
peu d'un manque de présence scénique et d'une difficulté à se démarquer
franchement de ses influences, il faut avouer que la grande majorité
des chansons jouées sont excellentes. La voix de Julien Pras
est émouvante, ses morceaux sont bien écrits, les musiciens sont
ravis de se produire sur scène (mais un peu tristes que ce soit
la dernière date commune avec Morning Star) : Calc
a parfaitement rempli son contrat.
Pourtant, si cette prestation était de qualité, rien (pas même le
pourtant excellent dernier album de Morning Star, The
opposite is true) ne pouvait laisser présager le déferlement
de classe, de décontraction et d'émotions qui allait s'abattre sur
public avec le concert tout simplement génial du groupe de Jesse
D. Vernon.
Dans une ambiance presque familiale - c'est maintenant au tour de
Calc de soutenir les Bristoliens et à Morning Star
de les remercier -, les quatre musiciens se lancent dans un concert
d'anthologie. Les morceaux sous influence Americana (à la Calexico)
sont troublants de beauté, les titres plus rock façon Lou Reed/Velvet
Underground sont hallucinants et les essais de pop « bristol
sound » sont divins.
On nage donc en plein bonheur, en se demandant à la fin de chacun
des morceaux ce que ce combo béni des dieux va bien pouvoir trouver
pour prolonger l'extase. Toujours souriants et semblants prendre
un pied incroyable à jouer, Jesse D. Vernon et ses acolytes
rivalisent de classe pour les parties de guitare (avec de superbes
solos), de trompette, de mélodica, de basse ou de batterie. La multi
instrumentiste choriste est particulièrement à féliciter, tant ses
interventions sont pleines d'à propos et de finesse.
Mr Vernon, quant à lui, ne commettra pas une seule faute
de goût (que ce soit au chant, à la guitare ou à la basse) pendant
la durée totale du concert. C'est sans doute pour cela qu'il émane
de sa personne un tel charisme, une telle sérénité et un tel amour
des musiques folk, rock, country et pop. Quand le groupe quitte
la scène, on hésite réellement à fondre en larmes de désespoir.
Quand il revient jouer une version joliment décontractée du sublime
Starman de David Bowie - avec Julien Pras au
chant et tout Calc sur scène -, c'est de joie qu'on pleure.
Et tout cela se finit, comme de bien entendu, par un énième superbe
morceau de Morning Star. Ah, si tous les concerts pouvaient
atteindre ce niveau, rendre aussi heureux et se dérouler dans une
telle atmosphère de fraternité...
A lire également : des
chroniques de concerts de Morning Star en 2002
et Calc en 2001,
puis 2003.
Sites Internet : www.calc.fr.st,
www.viciouscircle.fr,
www.morningstarsmallorchestra.org.uk,
www.microberecords.com
(le disque de Morning Star est en écoute à cette adresse).
Pierre
Andrieu
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