OLDIES BUT GOODIES
 


Critique du 5 octobre

En ouverture, Arthur Brown fait une poignante démonstration de cet art unique dont il a le brevet : la stupidité lysergique glapissante. Une sorte de raëlisme musical qui, couplé à la séparation physique de la salle de concert et du bar, donne envie de boire de la bière.

KILL PHIL

Phil May a ce soir là plus que de faux airs de David Carradine, et sa Full Metal Jacket voice transperce toujours tous les blindages mieux que toutes les gesticulations kung-fuesques. Quelques standards nous sont envoyés avant que le concert ne s'embourbe dans une interminable évocation des pénibles années psychédéliques du groupe. Parachevant l'affaire, Arthur Brown est appelé à jammer avec les Pretty Things, endossant le rôle de Jacques Villeret pour, non pas un dîner, mais un concert de cons. Sur le tard le show reprend une tournure rock, et Rosalyn vient nous sauver au rappel. Ceci dit, le public apathique du soir n'est pas sauvable. Qu'il crève. D'ailleurs, il manque crever quand l'homme de la jungle - tendance George - qui officit aux fûts s'empare du tom basse et envisage de le foutre sur la gueule des premiers rangs. Se ravisant, il le défonce sur un rythme tribal à la gloire des Pretty Things et le groupe, à peine rassuré sur l'état de nerfs du bonhomme, l'épaissit d'un jungle beat, justement, et enchaîne sur Mona. Un concert des Pretty Things sans Midnight to Six Man : plus jamais ça. Le meilleur moment ? Après le concert, cette conversation, surprise au bar, quand des spectateurs s'avouent ravis d'avoir vu jouer Mick Taylor, même si il a complètement changé de tête. Au secours.

KILL FEEL

Le chanteur remplaçant fait ce qu'il peut, mais ne parvient qu'à postillonner quand Lee Brilleaux crachait ses tripes. Ses prestations à l'harmonica sont du même acabit et son Baby Jane évoque surtout Jane Birkin. Le reste du groupe est toujours solide, Morris et Mitchell pompant sec et Walwyn se montrant toujours aussi remonté dans les douze rounds qu'il dispute contre sa Telecaster à chaque concert. Mais ce n'est plus Feelgood. D'ailleurs Feelgood, c'était pour moitié son public et je ne reviens pas sur celui du soir qui, sans doute égaré par l'éclairage complet d'une scène aussi grande que la fosse, se croit dans une fête patronale.

KILL ME

Les espoirs, ou ce qu'il en reste, se portent donc sur Eddie and the Hot Rods, dont la dernière prestation à la Coopé laisse un fort bon souvenir. Bon, l'espoir c'est pour les cons, et les Hot Rods c'est : un batteur en short qui fait tourner ses baguettes, un guitariste persuadé qu'il joue dans Muse et un bassiste grand, bas du front mais efficace. Barrie Masters est toujours animé d'un enthousiasme juvénile et nous octroie un nombre important de nouveaux morceaux, chantant avec ce qui lui reste de dents. Les dits morceaux sont plutôt mauvais, et les anciens allègrement massacrés, notamment par un guitariste qui n'a rien compris au beat. Gloria et Get Out of Denver sont baclés comme des pipes à vingt sacs. A oublier.

Alix Volvo

Lire aussi la chronique de Michel Michel

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