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Critique du 21 juin
Très prometteuse
sur le papier, la soirée organisée à la Coopérative de Mai avec
Christophe Adam en première partie de Shivaree n'a pas déçu, bien
au contraire. Les deux artistes sont, en plus, sur la même longueur
d'ondes puisque la belle Ambrosia Parsley a craqué sur les chansons
admirables du Clermontois, au point de l'emmener en tournée pour
quelques dates en France.
Christophe Adam : des moments
à part, entre chanson, pop, folk, rhythm and blues et rock.
Et on comprend la chanteuse
de Shivaree, quand on assiste à la prestation - superbe en
tous points - délivrée par l'auteur de l'inépuisable album La grande muette en 2002. Même si ce
n'est pas une surprise - l'homme a déjà montré l'étendue de ses
talents au même endroit avant La Position du Tireur Couché,
Marianne Faithfull et
plus récemment Françoiz Breut -, on
se rend très rapidement compte que les concerts de Christophe
Adam sont des moments à part, entre chanson, pop, folk, rhythm
and blues et rock.
Avec des textes très bien écrits, des musiques accrocheuses (fortement
imprégnées par les hits I've been loving you too long et
Sitting on the dock of the bay de ce génie qu'était Otis
Redding), une belle voix rocailleuse et un guitariste du calibre
de Daniel Larbo comme accompagnateur inspiré, le discret
songwriter semble paré pour connaître une reconnaissance méritée.
Shivaree : tous les atouts
sont dans son jeu.
Aucun problème de reconnaissance par contre pour Shivaree,
depuis l'utilisation de l'intemporel hit Goodbye moon par
Quentin Tarentino dans la bande originale de son fameux Kill
Bill. Rendons hommage au bon goût du réalisateur : ce titre
du premier album a permis à la carrière du groupe américain de se
poursuivre après des démêlés avec sa précédente maison de disques.
En assistant au charmant concert de Shivaree (dans une nouvelle
configuration, sans les membres historiques du groupe Duke McVinnie
et Danny McGough, mais avec des remplaçants de très haut
niveau), on se dit qu'il aurait été vraiment dommage que la carrière
de ces musiciens touchés par la grâce s'arrête si tôt.
Fort heureusement, un nouvel album est paru en 2005, l'impeccable
Who's got trouble, parfait « prétexte » pour revoir Ambrosia
Parsley fouler la scène du club de la Coopé, cinq ans après
un concert troublant. Et force est de constater qu'elle est toujours
aussi craquante physiquement et vocalement, sans oublier d'avoir
très bon goût : elle arbore un t-shirt I am a bird now d'Antony and the Johnsons.
Et oui, on l'avait déjà remarqué lors de son premier passage, cette
femme a tous les atouts dans son jeu. Elle est très agréable à regarder
(je me répète, je sais ), elle chante d'une voix enfantine absolument
irrésistible, elle sait s'entourer de bons musiciens, elle est drôle
(par exemple, quand elle fait monter un spectateur pour traduire
l' histoire de la vie de sa grand-mère, pas exactement commode...
), elle semble ravie d'être sur scène et pour couronner le tout,
elle est intelligente et lucide sur son pays (elle fustige avec
humour Bush Junior dans I Close my eyes et déclare qu'elle
a déjà rêvé de le torturer). Avouez que cela tranche agréablement
avec les propos patriotes et républicains de cet âne de Bruce
Willis, malheureusement représentatif d'une partie du peuple
américain (quelle tristesse) !
Le voyage dans l'Amérique de Shivaree est, lui, totalement
réjouissant : les morceaux sonnent comme de véritables classiques
avec guitares Western sursaturées, ambiances country/folk envoûtantes,
passages soul pop touchants et accordéon cajun donnant une couleur
très Nouvelle Orléans. Impossible de bouder son plaisir devant un
tel déferlement de classe à l'état pur.
Sites
Internet : www.shivaree.com,
www.v2.fr/shivaree.html, www.v2.fr.
Pierre Andrieu
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