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Critique du 18 mai
Holidays in the
sun
En très grande forme à la Coopérative
de Mai (comme son public d'ailleurs), le groupe Tahiti 80
a permis d'effectuer un saut (en Fosbury bien sûr) dans un
océan de pop superbement troublé par des courants funk, électro,
soul et R&B.
Voir ce groupe rafraîchissant et heureux d'être
ensemble sur scène équivaut à une semaine de vacances au soleil,
avec palmiers, boissons fraîches et jeunes filles en tenues légères.
Mais avec les toujours décalés et kitsch Tahiti
80, il y a également un panda qui se fait bronzer sur la plage.
Invité sur la pochette du dernier disque, l'animal n'hésite pas
non plus à monter sur scène en prenant la forme d'un gant/panda
pour aider le bassiste Pedro Resende à déclencher des beats,
avant de se transformer en perruque/panda (c'est pas cher au BHV
paraît-il, et furieusement tendance !) lors d'une danse endiablée.
Et on comprend parfaitement les gens - ou les animaux - qui se trémoussent
sur les musiques chaloupées de Tahiti 80 : on dirait des
morceaux composés exclusivement à partir du meilleur de la pop sixties,
de la funk 'n' soul super groovy et du R&B sexy, sans oublier quelques
irrésistibles passages plus calmes à base de folk 'n' pop.
La douce voix de Xavier Boyer est très
convaincante, les musiciens gavés des disques de Stax et de la Motown
ont tous un Mojo qui marche et le groove qui tue ; c'est donc avec
une joie non dissimulée qu'on gravit quatre par quatre les marches
de l'escalier qui mène au paradis (Stairway to heaven. )
de la pop aussi dansante qu'ensoleillée.
Nevermind the Boliks
En première partie et une fois encore de retour
d'un périple au nouveau royaume de la pop (la Belgique), les Clermontois
de Bolik avaient placé la soirée sur de bons rails avec leur
pop bizarro n'hésitant jamais à glisser dans un n'importe quoi jubilatoire.
Toujours aussi particulière, la voix du songwriter
en chef de Bolik, François Doreau, se pose (en catastrophe)
sur des morceaux surprenants aux textes improbables.
L'homme, qui joue désormais debout (c'est
mieux comme ça), n'hésite pas à trouver des titres de chansons détonants
: Rebel without a kolkhoze, Old wave, Hard rock
pictures, Superfucker, Auto censure song ou encore
Palavas les flots.
Les musiques, quant à elles, réussissent l'exploit
d'être à la fois lancinantes et explosives, étranges et familières,
calmement pop et méchamment punk, gorgées de mélodies évidentes
jouées à l'orgue et truffées de passages expérimetaux arty.
Comme, en plus, les deux batteurs/bidouilleurs
sont facétieux et adeptes du cri qui tue, à la fin du set des cinq
Bolik, on a très envie de hurler sa joie. Et pourquoi ne
pas le faire comme ce fan de pop à crête punk (désireux de faire
un bon mot, tout en rendant hommage à un album mythique et à un
bon concert) en vociférant : « Nevermind the Boliks ! » ?
Pierre Andrieu
A lire également
: les chroniques des concerts de Tahiti 80 à Bourges en 2001
et à Clermont-Ferrand en 2003,
les critiques des trois albums,
Fosbury, Puzzle et Wallpaper for the soul,
ainsi que la chronique du disque
de Bolik et les comptes rendus des concerts
donnés par le groupe. Site Internet : www.tahiti80.com
(le disque est en écoute), bolik.skynetblogs.be,
witoldbolik.chez.tiscali.fr
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