SERGE TEYSSOT-GAY + JIM YAMOURIDIS

 


Critique du 30 mars

Jim Yamouridis : un solo acoustique captivant.

Dans un club de la Coopérative de Mai rempli par la notoriété du guitariste de Noir Désir - Serge Teyssot-Gay -, Jim Yamouridis a pu démontrer toute l'étendue de ses talents d'interprète et d'auteur compositeur.

Avec pour seules armes, sa voix grave à la Leonard Cohen, son jeu de guitare inspiré du blues grec et ses morceaux poignants (lire à ce sujet la chronique de son disque The name of this place), l'Australien d'origine grecque vivant en France a encore une fois subjugué son auditoire.

Même si certains ont parlé bruyamment au bar pendant la quasi totalité du concert, dans un irrespect total de l'artiste et des gens venus pour écouter de la musique, les personnes ayant pris la précaution de se rapprocher de la scène ont pu se laisser emporter par une déferlante de morceaux d'une sidérante beauté.

A titre d'exemple, le morceau Too late produit un effet incroyable grâce à une mélodie belle à pleurer, un chant irrésistible et un texte crépusculaire. Ce n'est vraiment pas le fruit du hasard si Convay Savage, le clavier de Nick Cave & The Bad Seeds, s' apprête à collaborer à nouveau sur disque avec Jim Yamouridis. A suivre.

Serge Teyssot-Gay et Khaled ALJaramani : une rencontre envoûtante.

Peu de temps après, et malheureusement toujours dans un brouhaha exaspérant, Serge Teyssot-Gay et Khaled ALJaramani ont confirmé sur scène l'évidente complicité qui les lie sur leur disque commun, Interzone. Malgré quelques problèmes de sons et un plantage sur un morceau (immédiatement rejoué d'ailleurs), la magie a opéré assez rapidement entre le style rock blues (évoquant parfois le Neil Young de la BO du film Dead Man) du Français et les superbes interventions arabisantes du Syrien. Si chacun des deux protagonistes garde la (précieuse) spécificité de son jeu, une écoute de tous les instants et des regards sans cesse échangés aboutissent à un résultat envoûtant, que les morceaux soient entraînants ou atmosphériques.

Le chant de Khaled ALJaramani et les choeurs de Serge Teyssot-Gay sont un petit plus bienvenus ; cela donne la touche finale à une série de titres aussi captivants qu'évocateurs. C'est donc assez naturellement que le palpitant dialogue entre les deux musiciens entraînera l'adhésion d'une majorité de l'assistance, l'énorme ovation saluant la fin du concert en étant la preuve irréfutable. Enfin décontracté (au début, sa nervosité était presque palpable), Serge Teyssot-Gay peut alors se laisser aller, remercier son public et sourire, comme son ami Khaled ALJaramani, semble-t-il plus détendu. Ce disque et cette série de concerts sont peut-être le début d'une collaboration plus poussée...

Quoi qu'il en soit, si les deux hommes rééditent des prestations de ce type sur les autres dates de la tournée, ils devraient sans aucun doute recueillir le même accueil chaleureux et mérité.

Pierre Andrieu

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