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Critique du 7 JUIN
Une chose est sure, la première édition
du Festival Europavox aura alimenté quelques discussions
tendues entre nous. Il est vrai que beaucoup d’incompréhensions
subsistent. Pourquoi avec un tel budget les affiches proposées
sentent-elles le réchauffé ?
Pourquoi ce manque tragique « d’une » tête
d’affiche ? Oui, vous savez, ce groupe qui amène les
gens de tous bords dans une salle immense type Zénith !
Nous pourrions encore déblatérer pendant des lustres
sur les choix, le manque de si ou le manque de cela. Mais n’oublions
pas une chose, ce Festival a le mérite d’exister et
nous allons en profiter comme il se doit.
Afterwork polaire…
Le coup d’envoi de cette semaine s’annonçait
de la meilleure des façons. Du moins sur le papier. Malheureusement
la météo en a décidé autrement. Avec
un vent du nord glacial, l’Afterwork n’a
pas tourné à plein régime. Loin de là.
Pourtant l’endroit choisi était parfait. Espace grandiose,
scène centrale haut perchée, lights agressives, son
énorme et dj’s de renom… Seule manquait la douceur
du printemps et le vin chaud ! Dommage, vraiment dommage.
Un-pop classik…
C’est donc frigorifiés que nous rejoignons
l’Auditorium du Polydôme pour la première grande
sensation du Festival. Il faut dire que l’affiche est aussi
originale qu’excitante. Associer l’Orchestre
d’Auvergne aux Sunday Drivers puis
à Vénus, il fallait oser. Et le résultat
ne s’est pas fait attendre. D’entrée de jeu,
les espagnols de The Sunday Drivers vont nous délivrer
un set de toute beauté. Durant quarante-cinq minutes, nous
allons être bercés au gré d’une pop fraiche
et enjouée. D’ailleurs, notre voisine de devant se
plaindra rapidement d’être trop bercée. Non pas
par la musique des espagnols, mais par nos pieds qui battaient la
mesure sûrement trop fort. Comme quoi être VIP n’est
pas facile tous les jours ! Ma pauvre dame, quand on ne sait pas
où on met les pieds… on reste à la maison. Mais
je m’égare…
Après le changement de scène et la disparition de
notre copine de devant, ce sont les belges de Vénus
qui vont nous achever. Bordel de bordel, est-ce possible ? Ces mecs-là
sont touchés par la grâce. Impossible de ne pas fondre
devant tant de classe et de talent.
Durant une heure, nous n’allons pas descendre de notre nuage.
L’association est somptueuse. Il se met tout d’un coup
à faire beau et chaud. Tout devient facile et réjouissant.
Nous nageons en plein bonheur. Je ne peux rien dire d’autre,
j’en ai encore la bouche bée.
Musiques urbaines…
Le travail c’est la santé !
Pop/Rock…
C’est à Anna Ternheim
que revient la lourde tâche d’ouvrir cette troisième
soirée. Et il faut dire que cela va plutôt bien lui
réussir. Malgré une tension palpable, la jeune suédoise
va nous gratifier d’un set très convaincant. Accompagnée
de sa guitare ou au piano, Anna va jouer « son folk »
avec une simplicité et une passion touchante. Le public présent
lui rendra d’ailleurs un hommage bien mérité.
Changement de salle et style pour aller découvrir The
Delilahs. Il faut dire que les suissesses sont attendues.
Montées aux cieux par la presse, les trois filles vont devoir
nous faire voir de quel bois elles se chauffent ? Malheureusement
le feu ne sera que braise poussive. Seul le début du set,
en fait le premier titre, tient la route. Le reste ne sera que quelconque.
Enfin de compte seul le visuel vaut le détour !
J’étais loin d’imaginer que sur l’ile de
Malte il puisse exister des groupes de rock ? Pourquoi me direz-vous
? Ben… Je n’en sais rien !?!?!? En tous cas, nous nous
retrouvons devant le trio maltais Beangrowers.
Au contraire du groupe précédent, le début
du set va être poussif pour ne pas dire chiant. Puis les choses
vont s’améliorer. Alison et ses deux compères
semblant enfin se lâcher quelque peu. Comme quoi la patience
finit par payer.
L’arrivée sur scène de An Pierlé
& White Velvet va nous faire changer de catégorie
et de monde. Vous allez me dire qu’il était temps.
Certes, mais l’attente valait la chandelle. Habillée
d’une robe écossaise rouge très classe et de
collants noirs déchirés moins classes, la jeune flamande
va nous attirer à elle pour ne plus nous lâcher.
Le set sera d’ailleurs comme son dernier album, superbe. Voix
toujours à la limite, pop songs accrocheuses, musiciens de
talent. Bref, il ne manque rien. Sauf peut-être une mimique
plus détendue de Koen Gisen, son guitariste
de mari. Mais qu’importe, nous n’avions d’yeux
et d’oreilles que pour la belle…
C’est avec les portugais de Wraygunn que
nous allons terminer cette soirée. Et là, nous savons
déjà que le moment va être fort.
Sapé comme un prince avec Ray Ban sur le nez et pompes de
« pépino » blanches aux pieds, le petit portugais
ne paye pas de mine. Pourtant, Paulo Furtado et
sa bande sont des furieux. Des furieux comme nous les aimons. Toujours
à fond, aucune retenue, économie zéro.
Une fois la machine en marche, rien ne semble pouvoir arrêter
son avancée. Tout y passe. Le blues se mélange au
gospel. Les scratchs s’entretuent avec la guitare. Les deux
choristes sont inépuisables. Le percussionniste cogne comme
un damné… et Paulo fait le show. Il joue, chante, hurle,
se déshabille, descend dans la fosse, pique une poubelle,
lui fait l’amour etc.
Que dire de plus sur la prestation scénique de Wraygunn
?
RIEN, nous frôlons l’apoplexie !
Electro…
Il est vingt heures quand Skalpel rentre
sur la scène du club. Malheureusement les deux polonais vont
vite nous lasser. Une demi-heure aurait largement suffit. Mais pour
cette soirée « électro » tout le monde
a le droit à « son heure ». Alors…
Le changement de salle va une fois de plus nous faire changer de
monde. C’est notre frenchie Wax Tailor
qui va s'y coller. Accompagné d’une violoncelliste
et d’une chanteuse, le set balancé ne fera qu’augmenter
en intensité au fil du temps. Jouant avec les samples et
la vidéo à merveille, nous allons vite être
pris par la bougeotte. Cela est un signe, n’est-ce pas ? Il
faut dire que l’apport du violoncelle et de la chanteuse Dorothée,
sur quelques morceaux, ne gache rien. L’heure prescrite passera
bien trop vite.
Et maintenant, attaquons les familles nombreuses…
Nous allons commencer avec The Herbaliser.
Formation à géométrie variable, c’est
le moins que l’on puisse dire (le groupe passant de quatre
éléments à neuf puis de neuf à sept
etc.), les anglais vont nous gaver de sons. Chargé de cuivre,
de flûte traversière, de claviers, de xylophone, le
set va nous faire valdinguer aux confins du funk et du jazz sans
aucunes retenues. Et même si les parties plus jazzy nous ont
un peu gavé le mou, l’ensemble dégage une force
et une intensité remarquables. Du bien bel ouvrage.
Nous allons continuer cette soirée avec Seeed.
Formé de onze membres, le combo allemand multi-ethnique,
va nous secouer les yeux et les oreilles. A grands coups de reggae
ragga, de hip hop, de latino, d’afro voire de cha-cha-cha…
Seeed va mettre le feu dans une salle toute acquise
à sa cause. Mélangeant les styles à souhait,
le set va être chaud bouillant. Seeed est
un véritable groupe de scène. Nous en avons eu la
confirmation.
Le silence sera de mise sur Micro Audio Waves.
Pas vu, pas pris…
Chanson…
Le fado… J’y crois pas trop…
Et le samedi… c’est rugby.
Rock…
Pour cette ultime soirée, les concerts vont attaquer dès
18h30. Remarquez qu’il y a quand même six groupes. Vous
êtes prêts ? C’est parti…
L’effet Dionysos a semble-t-il marché.
Il suffit d’un regard rapide pour s’apercevoir que les
gens ont répondu présents. C’est donc devant
un club bondé que Teitur entre sur scène.
Accompagné de sa guitare acoustique, le danois va vite nous
lasser. Même le petit coup de sang donné au milieu
du set n’arrangera rien. Tout cela ajouté au brouhaha
ambiant et l’affaire est réglée. Dommage, mais
une autre chance doit lui être donnée.
Ce n’est pas avec Three & A Quarter que
les choses vont s’arranger. Malgré une ambiance bien
chaude, le reggae ska envoyé sent le réchauffé.
Il est donc l’heure d’aller s’alimenter.
Le passage dans la grande salle va s’avérer assez drôle.
Vous connaissez Shirley et Dino ? Oui, vous savez,
le couple d’humoristes. Et bien nous nous retrouvons face
à deux Shirley. Oui, deux ! Mêmes habits, mêmes
coiffures, mêmes niaiseries. Des copies conformes. Par contre,
pas de Dino, mais trois gars un brin décalés. Et la
musique dans tout cela ? Beeeeeeeeeeeeen, après avoir découvert
les Superbus américains lors des Volcaniques
De Mars, nous découvrons les Superbus
irlandais lors de l’Europavox. Vous voyez
le genre. Sincèrement, The Chalets valait
seulement le coup d’œil.
Après trois beaux râteaux, la prudence est de mise.
Heureusement, Sunshine va nous remettre sur de
bons rails. Avec une tendance plutôt Placebo
que dark new-wave, les tchèques vont assurer un bon set.
Beaucoup d’énergie et de l’envie. Les choses
sont parfois aussi simples.
La Belgique est décidément à l’honneur
cette semaine. Après la claque infligée par
Vénus mardi, la splendeur et la classe d’An
Pierlé jeudi, nous allons prendre de plein fouet
la dernière histoire belge. Mais là, pas de rigolade,
car les Malibu Stacy ne sont pas venus pour ça.
Nous n’allons d’ailleurs pas attendre longtemps pour
nous en apercevoir. Distillant un rock musclé et énervé,
les six musiciens vont emballer leur set d’une façon
remarquable. Une superbe mise en bouche avant le sommet de cette
soirée.
Les Dionysos sont de retour
à la Coopé. Tout le monde aux abris !
Une chose est sûre, le public est venu pour eux. Dès
le début du set, le bon millier de personnes présentes
dans la salle va se mettre à hurler puis à pogotter
sans cesse. Tout va alors s’enchainer trop vite.
Une fois de plus tout sera énorme. Le show, le son, le cœur,
l’énergie, la folie, l’hystérie.
Nos petits gars et notre fille de la vallée du Rhône
ont été nourris au mistral… au mistral gagnant.
Ce n’est pas possible autrement. Un monde sépare se
groupe de beaucoup d’autres.
Le final avec Song For Jedi durera un bon quart d’heure.
Le temps d’un slam majestueux et irréel. Puis Mathias
reviendra seul pour chanter à capella… « J’ai
froid, je pleure de la neige, je pleure de la neige…
». MAGNIFIQUE et terriblement touchant.
Jean-Michel Planat
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