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Critique du 13 JUILET
HEAVY TRASH – Coopérative
de Mai – 8 décembre 2005
Alors Papa, ce concert des, comment tu les appelles
déjà, Heavy Trash c’était bien ?
Très bien même, du charisme, un son
plus rentre dedans que le disque. Un très bon concert.
Et puis, le plaisir de voir, malgré l’heure tardive,
que le rock’n’roll attire toujours autant de monde.
Le rockeur c’est bien connu est un couche tard. Je te passerais
le disque si tu veux.
Je le téléchargerais, t’embêtes
pas. T’es un rockeur alors ?
Je dirais que je suis plutôt un couche tard
qui aime le rock’n’roll.
Tiens, on dirait une chanson des Wampas ta phrase.
Mais, Rock, Rock’n’roll je vois pas bien la différence.
Coldplay, Green Day, Radiohead, tu vois c’est
du rock, du moins c’est ce qu’on entend un peu partout,
alors que Heavy Trash c’est du rock’n’roll.
Non je ne vois pas.
Je ne te demande pas de voir, mais d’écouter.
De nos jours, plus le rock vieillit, moins il veut dire quelque
chose. Un blouson en cuir, un doigt d’honneur, un jean déchiré,
les cheveux en bataille tout est rock aujourd’hui. C’est
devenu une canette vide.
Le rock’n’roll c’est autre chose, c’est
trouble, intense, contradictoire. Et c’est ce qui rend cette
musique si belle. Heureusement, il existe encore quelque groupe,
qui perpétue cette musique traditionnelle. Heavy Trash en
fait partie. Et parmi les meilleurs.
Ça y est, tu t’la joues, désolé
Papa, euh…vieux con.
Je ne te permets pas, je suis ton père quand
même. Le poids du passé, je le sens tous les jours
mais je ne le vis comme une épée de Damoclès.
Bon je te l’accorde, hier soir, même si j’ai passé
un grand moment, je me suis senti dans la peau d’un ancien
combattant.
Au fond, je me suis demandé à quoi ça rimait
tout ça, ces riffs sixties, cette mise en scène référencée,
ces attitudes.
Te poses pas de questions, c’est bien ce que
tu me dis tout le temps papa ?
Toi t’es jeune mais moi, je suis comme le
rock. Avec l’âge, plus je vieillis, plus je m’en
pose des questions. Heavy Trash, eux, ils ne donnent pas l’impression
de s’en poser. Ça doit être ça le rock’n’roll.
(À suivre)
Michel Michel
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