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Critique du 27 octobre
La surprise ne pouvait pas venir de
Louise Attaque ! Mais de là à croire qu'Anaïs
allait mettre tout le monde d'accord. Le chemin était
long.
Bien entendu, la Coopérative de Mai affichait complet depuis
fort longtemps. Il faut dire que Louise Attaque dispose d'une
notoriété plus que respectable sur notre territoire.
C'est donc devant un public relativement froid, mais semble-t-il
ravi, que nos quatre compères vont faire leur boulot. Tout
est bien calé, tout le monde à son petit carré
de scène, tout est sourire. En résumé, tout
est parfait dans la meilleure des salles
Malgré cela, après une quinzaine de minutes de concert,
je commence à ressentir, en plus des dessous de bras de mon
voisin, un ennui qui me fait sursauter. Mon Dieu, que se passe-
t-il ? Je n'ai ni soif, ni envie de pisser. Quoi que ? La pression
est forte mais je résiste. Après une heure de set,
le groupe quitte la scène. Je n'ai toujours pas l'impression
d'avoir avancé. Tout semble à l'identique.
Je me retrouve donc poussé au bar où, en compagnie
d'une petite poignée d'irréductibles, nous allons
refaire le monde
d'Anaïs qui, elle, nous a surpris
dans le bon sens du terme.
Accompagnée de sa guitare et de quelques pédales "
magiques ", Anaïs va mettre le public dans
sa poche avec une facilité remarquable. Avec The cheap
show, la jeune femme va nous parler de la vie de tous les jours.
Certes, très simplement, sans chichi ni détours mais
avec beaucoup d'humour et d'amour.
Se faisant passer, grâce à un accent appuyé,
pour une canadienne, Anaïs finira par nous avouer, rapidement,
qu'elle est en fait marseillaise. Que cet accent ne lui sert qu'à
vendre des disques. Oui, l'accent canadien est à la mode.
Avec Mon cur mon amour elle dénigrera son ancienne
copine qui, devenue amoureuse, l'a laissée tomber. Parlera
avec tendresse de cette fille qui ne sort qu'avec les blacks. Crachera
sur son ancien mec parti avec Christina. Epatera la galerie avec
Rap collectif, Rock your body et Pendant ce temps là en
Ecosse. Trois titres acides et moqueurs à souhait. Et
que dire des excellents Bad blues player, imitation parfaite
du bluesman noir qui se la joue, et La plus belle chose au monde,
version Dr Jekyll et Mr Hyde de l'enfantement.
Pour finir, nous aurons droit à une imitation destructrice
et hilarante de Carla " bourrée "Bruni.
Quelqu'un m'a dit que tu m'aimait' encore
La phrase
se suffit à elle-même.
Voici comment passer quarante cinq minutes surprenantes et très
agréables. Merci Mademoiselle Anaïs et longue
route.
Jean-Michel Planat
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