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Critique du 28 novembre
Canadien ni fringant ni hurlant, Rufus Wainwright a eu beaucoup
de mal pour arriver jusqu'à nous. Explications.
Dès mon arrivée à la Coopé, je suis
interpellé par plusieurs choses. D'abord par Christian et
Franck, les deux maigrelets qui se trouvent à l'entrée.
Mais bon, ce sont des potes. Alors
puis par Arnaud qui s'est
déguisé en déchireur de billets.
Seulement, à la tête qu'il affiche, je me dis : soit
le repas n'a pas été bon, soit le PSG s'est fait dérouiller.
Aïe, aïe, aïe, je crains le pire. En fin de compte
cela est bien plus grave. Car figurez-vous que Rufus Wainwright
est bloqué entre Madrid et Paris pour cause de brouillard
! Le concert est donc annoncé pour 22h30
si tout va
bien !
Bref, nous nous retrouvons au bar un peu désespérés
mais pas assoiffés. Et là Mesdames et Messieurs nous
allons assister à une intervention musclée et directive
d'Hervé Deffontis. Bras en l'air, à l'image
de son idôle Charles de Gaulle, Hervé va nous ordonner
de rejoindre la grande salle où a débuté le
set de Leopold Skin. Bordel, quel talent ! Ce mec est un
vrai rassembleur. Nicolas n'a qu'à bien se tenir !
Le jeune clermontois, pour sa première prestation à
la Coopé, se retrouve donc devant un public au garde à
vous. Le petit blondinet est mort de trouille. Malgré cela,
Leopold va nous balader, durant 45 minutes, au travers de
ses compositions folk qui sont, somme toute, agréables.
De retour au bar, après l'intermède Leopold Skin,
nous allons assister à la deuxième intervention d'Hervé.
Ce coup ci, l'annonce tombe comme un soulagement. Rufus est
dans l'avion qui l'amène à Clermont. Le concert aura
bien lieu et débutera à l'heure prévue. Ouf,
nous voilà rassurés. Sauf que
Daniel Darc
se produit Aux Quatre Vents un peu avant minuit. Le timing va
être serré.
A peine arrivée à la Coopé, Rufus Wainwright
et ses musiciens sont déjà sur scène ! De plus,
tous affichent un large sourire. Comme quoi. Pourtant, avec un périple
pareil, nous sommes en droit d'avoir des doutes sur la prestation
que vont nous livrer le canadien et son groupe. Et là, comme
par magie, le doute va être levé. La voix de Rufus
est là. Superbe et bien en place.
Accompagné de deux charmantes choristes guitaristes, d'un
batteur tactile comme rare, d'un contre bassiste efficace tout simplement,
d'un guitariste au diapason et d'un clavier tout autant dans le
moule, le set va atteindre une rare plénitude. De la beauté
à l'état pur. L'hommage à Léonard
Cohen avec Chelsea Hôtel sera bouleversant
comme tout le reste.
D'ailleurs, qu'il soit seul sur scène au piano ou accompagné
de ses musiciens, cet homme semble touché par la grâce.
Au bout d'une heure vingt de concert renversant, je prend la poudre
d'escampette direction les Quatre Vents où un autre phénomène
nous attend
Jean-Michel Planat
Lire aussi les chroniques de SofieCroc,
de Michel Michel et de Pierre
Andrieu.
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