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Critique du 2 décembre
Rufus Wainwright voix haut perchée, Farinelli du
XXI ème siècle, à lhomosexualité
affirmée, rêve dopéra, de grandiloquence,
plus influencé par la musique classique que par les guitares
hurlantes et les poses rebelles.
Sa discographie à la beauté inégale nous avait
quand même poussé à aller le voir à Bourges
où on lavait vu « à poil »
vêtu de sa seule guitare et de son piano nous révélant
ainsi toute la variété, toute la richesse, toute la
beauté de son répertoire. Linstant avait été
magnifique.
Cest quoi son défaut à Rufus Wainwright
? Dêtre toujours à la limite du mauvais goût
que ce soit sur ses disques ou dans la vie.
Ce soir, le beau Rufus est accompagné de deux choristes,
dun guitariste mâle bavard abusant de son instrument,
dun bassiste, dun batteur, et dun mec aux claviers
et aux programmations. Et ces personnes vont laider à
sombrer dans un bourbier musical le plus abjecte que lon puisse
imaginer.
Les chansons sont très belles, magnifiques parfois, sa voix
ferait pleurer le plus insensible dentre nous, et tout ça,
ce soir, sera enlaidi par des arrangements qui mont écorché
les oreilles. Un solo de guitare chez Rufus Wainwright, je
ne laurais jamais cru possible mais avec un guitariste qui
est allé piocher dans sa palette des solos à faire
hurler dhorreur un fan de Van Halen, cest à
vous retourner lestomac.
Les seuls moments de bonheur ce sont lorsque les musiciens quittent
la scène laissant Rufus seul au piano où il
se permet dimproviser, de se planter, avec grâce, sur
certains morceaux, tentant avec sa voix de refaire tel arrangement
de violon, ny arrivant pas, se moquant de lui-même.
Il est malin, il plaisante avec lassistance dans un français
pas dégueu, fait sa folle quelque fois, en joue.
Je ne métendrai pas sur son interprétation d
Halleluyah quil a copieusement massacré avec
des churs féminins inutiles et pitoyables.
Il y aura quand même eu un grand moment. Ce fut sa reprise
de Chelsea Hotel de Leonard Cohen, jouée avec
une élégance rare.
Je le disais plus haut, Rufus est toujours à la limite
du mauvais goût que ce soit sur ses disques, on en avait la
preuve, mais aussi dans la vie, et il nous la prouvé
ce soir avec cette prestation indigne de son talent.
Et puis on na pas le droit dêtre aussi beau que
lui, dattacher une attention toute particulière à
sa tenue vestimentaire, à son image et de mettre des chaussettes
blanches de tennis avec les deux bandes, rouge et bleu, dans des
godasses à dix mille.
Ce soir, Rufus Wainwright cest lElton John
du pauvre. Cest dire !
Michel Michel
Lire aussi les chroniques de SofieCroc
, de Jean-Michel Planat et de Pierre
Andrieu.
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