|
Critique du 13 AVRIL
The Briefs
BACK TO 1977
Fidèles à leur flatteuse réputation, les Américains de The Briefs
ont délivré lors de leur passage à Clermont-Ferrand un set concis
agité de tics punk du meilleur effet. Leur truc à eux, c'est de
jouer vite et fort des morceaux influencés par les groupes punk
exaspérés par les solos de guitare du rock progressif. Et ils le
font très bien, les bougres, il n'y a qu'à écouter leur dernier
méfait discographique, Steal
yer heart, pour s'en convaincre !

Si l'on ajoute à cela, un look flashy (lunettes de soleil marrantes,
pantalons fuseau en léopard, blousons étriqués, cheveux teints et
en pétard, rien ne manque à l'appel. ), des physiques élancés et
une attitude énervée, on se croirait presque fin 1976 début 1977,
à Londres, au 100 club. Seuls manquent les crachats émanant d'un
public hystérique pour que l'illusion soit parfaite. Mais il faut
bien se rendre à l'évidence : nous sommes en mars 2006, dans la
grande salle de la Coopérative de Mai, et pour être franc, ça le
fait un peu moins qu'à la grande époque du punk. L'assistance n'est
pas très compacte, et l'ambiance est loin d'être bouillante. Si
l'on ajoute à cela une série inaugurale de morceaux peu originaux
et envoyés à la vitesse de l'éclair, l'ennui commence à poindre.

Et puis, petit à petit, les Briefs se mettent à jouer des
compositions (légèrement) plus lentes et (beaucoup) mieux écrites
et l'on sent une irrésistible envie de bouger ses pieds, ses genoux,
ses bras et ses hanches, ce qui est bon signe, tout le monde en
conviendra... La saine énergie que dégage cette bande de petits
agités au style vestimentaire bigarré commence à se propager dans
les rangs du public, la majorité des gens semble passer un moment
sympathique. C'est tout à fait normal, car sur les planches, chaque
musicien donne tout ce qu'il a dans le ventre, en malmenant son
instrument de « travail » de prédilection : micros, guitares, basse,
batterie. Après moult cris énervés, chours hurlés, rythmiques sèches
et claquements de batterie, il est déjà temps de quitter la scène
pour les Américains au compteur bloqué sur le chiffre 77. Il faudra
les inviter une nouvelle fois, mais dans le club cette fois-ci.
C'est dans ce genre d'endroit propice au rapprochement des corps
et des cours que leur musique aura le plus d'impact.
Sites Internet : www.thebriefs.com,
www.myspace.com/thebriefs
, lollipop.records.free.fr,
www.inforockauvergne.com.
(Photos : Flore-Anne
Roth)
Pierre Andrieu
Lire aussi la chronique de Jean-Michel
Planat sur les Volcaniques de Mars.
|