LES VOLCANIQUES DE MARS
 


Critique du 13 AVRIL

Louis XIV

Louis XIV s'apprête à régner sur les charts du monde entier.

Louis XIV, voilà un groupe américain qui sait comment faire parler de lui. Tout d'abord en choisissant un nom qui se retient parfaitement, comme au hasard, Franz Ferdinand. Ensuite, en faisant poser une charmante jeune femme brune (quelle chute de rein, mes aïeuls !) sur la pochette de son premier disque, The best little secrets are kept. Enfin, et c'est là le principal, en composant des morceaux très réussis, puis en les jouant avec classe sur scène, comme ce fut le cas à la Coopérative de Mai, pour le festival les Volcaniques de Mars. Voilà un combo bâti pour évoluer sous peu sur le toit du monde.



Juste après la déception du festival, Epoxies, qui a fait fuir la majorité du public au bar avec sa new wave fade et sans intérêt, l'arrivée de Louis XIV est, comme il se doit royale. C'est en effet au son It's a long way to the top (If you wanna rock 'n roll) des Australiens d'AC/DC que les quatre hommes font leur entrée en scène. La bande son est passée au volume d'un concert « normal », c'est à dire à fond, pour mettre le public dans l'ambiance. Et comme ces gars-là ont de la suite dans les idées, leurs deux premiers titres sonnent comme des compositions électriques signées par Angus et Malcolm Young : elles sont boostées par des riffs tranchants joués sur des guitares saignantes. Ah, ça fait du bien ! On aurait presque envie de slammer, mais comme il y a trop peu de monde, on se contente donc de pousser des cris de joie en faisant des sauts de cabri... Pas très malin, certes, mais bien agréable. Sur scène, c'est la grande classe, après l'introduction heavy, on a désormais l'impression d'assister à un concert commun des Kings Of Leon (pour le côté rustique à la Creedence Clearwater Revival), de Blur (pour certains sons so British et pour l'accent des chanteurs), d'Oasis (pour la coupe de cheveux de Jason Hill, et son attitude hâbleuse, mais pour de faux), de Marc Bolan et de son groupe T Rex (pour la voix, les chours, les arrangements et les riffs de boogie rock imparables), de David Bowie (pour le son glam et certaines idées de production) et des Beatles (les morceaux au piano semblent tout droit sorti d'un disque des fab Four). Oui, il y a tout ça en même temps dans la musique de Louis XIV ! Et même une pincée de country folk, le temps d'un joli interlude joué avec une guitare sèche, en slide.

Les morceaux sont bien écrits, joués avec ferveur par des musiciens impeccables et sonnent tous - sans exception - comme des tubes. Tout cela est servi avec la morgue du groupe anglais qui veut réussir, mais avec un second degré visible à l'oil nu. Et puis, il a les textes, hilarants, où les deux chanteurs/guitaristes évoquent leurs (nombreux) rapports avec le sexe opposé. Ils arrivent à faire rimer « Swet » et « Wet » en restant frais, un exploit ! Quasiment chaque chanson ressemble à une ôde à la pratique de la position du tireur couché entre adultes consentants. C'est bien connu, on se bouscule toujours pour s'attirer les faveurs d'un souverain, il est donc facile de broder après, pour faire fantasmer le commun des mortels qui peine à conclure en soirée. Autres thèmes de prédilection : la drogue, le rock 'n roll et sa petite personne. « Me, me, me, is all I ever want to talk about. » Belle franchise ! Comme tout le monde dans le show business, Louis XIV est là pour gagner du pognon, se faire mousser et se taper des groupies, au moins c'est clair. Mais comme le préalable obligatoire pour ces réjouissances, est d'écrire des morceaux accrocheurs, le groupe a travaillé d'arrache-pied pour arriver à ses fins. Si l'on considère la qualité de son premier disque et de sa prestation scénique à La Coopérative de Mai (néanmoins trop courte, à cause d'un public de mollasses ?), Louis XIV ne devrait pas tarder à régner en maître incontesté sur les charts du monde entier. La route ne devrait pas être aussi longue que prévu pour arriver au top...

Sites Internet : www.louisXIV.net, www.myspace.com/louisxiv, www.atlanticrecords.com, www.inforockauvergne.com.

Pierre Andrieu

Lire aussi la chronique de Jean-Michel Planat sur les Volcaniques de Mars.

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