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Critique DU 13 MARS
You gotta fight for your
right to party
Après un Garage Club chapitre 2 bien percutant (et pour le coup,
bien garage) avec The
Lords Of Altamont et The Suppositorz, l'édition suivante
s'annonçait sans une seule once de rock garage, mais l'appellation
« Garage club » semble vouloir dire « un concert de rock à tarif
réduit » donc. ce n'est pas le moment de faire la fine bouche, profitons-en
! Direction la Coopérative de Mai pour voir ce que valent sur scène
les jeunes New Yorkais de We Are Scientists, récemment auteurs
d'un album truffé de tubes disco punk à faire tourner les têtes.
Et bien, sur les planches, le trio se révèle aussi habile et enthousiasmant
que sur
disque, sans toutefois chercher à inventer quoi que
ce soit. En 55 minutes chrono et sans rappel, ces scientifiques
d'un nouveau genre ont fait montre d'un remarquable savoir faire
pour faire danser et remuer au son de leurs titres post punk mâtinés
de disco, de rock bruitiste et d'une lichette de grunge. Pour être
encore plus clair, on a la fort agréable impression de voir les
Talking Heads et Franz
Ferdinand jammer avec Sonic
Youth et Nirvana.
Ainsi, on obtient une série de tubes avec lignes de basse ultra
dansantes, batterie martelée, guitares funky puis dissonantes et
punk sur les refrains, fédérateurs en diable.

C'est très simple, assez bruyant, souvent brouillon et super efficace,
tout ce qu'il faut pour se dégourdir les guiboles. et les zygomatiques.
Car cette bande de petits garnements n'hésitant pas à monter sur
scène sous perfusion Jack Daniels compte en son sein, une sorte
de pitre déguisé en Beastie Boys sur le clip de Sabotage
: moustache top ringarde, coiffure frisée improbable (approuvée
par Royal Canin), chorégraphies robotiques du meilleur
effet et discours en franglais hilarant font partie des armes de
ce personnage haut en couleurs. Cela donne un côté festif (dans
le bon sens du terme) au show de We Are Scientists ; la bonne
humeur de l'homme à la basse se propageant au reste du groupe et
en particulier au chanteur, fréquemment pris de fous rires incontrôlables
entre deux remises en place de mèche rebelle et autres pas de danse
sexy ou maltraitance de guitare entraînant des larsens. On aurait
souhaité un concert légèrement plus long et une reprise en forme
de clin d'oil de Fight for your right (to party) des Beastie
Boys - qui aurait été fort à propos dans cette ambiance
de bringue rock'n'roll. Mais à part ça, difficile de bouder son
plaisir : on a passé un moment bien rock, en riant souvent et de
bon cour, entre les titres enchaînés façon Blitzkrieg pop sonic
punk. Certains vont encore dire que « le rock c'est sérieux et
blah blah blah », certes, mais on se battra toujours pour avoir
le droit de faire la fête.

Et ce n'est pas les Clermontois de The Kissinmas - qui ont
assuré une première partie très réussie - qui nous contredirons,
eux qui ont passé 40 minutes à faire hurler et se trémousser leurs
très nombreux fans avec une pop teintée de rock et de disco punk.
Dès qu'il s'agit de produire une bande son idéale pour draguer les
filles et s'amuser en bonne compagnie, ces jeunes gens aux goûts
très sûrs s'y entendent parfaitement... Les sept musiciens (guitares,
basse, batterie, chant, percussions, orgue) ayant écouté Blur,
les Kinks et Franz Ferdinand plus que de raison prennent
réellement un pied incroyable à se produire sur scène ! Et cette
rafraîchissante joie de jouer est communicative : tout le monde
(quasiment sans exception) crie, siffle, danse et voudrait que ça
dure toute la nuit. Si les influences citées plus haut se remarquent
aisément, les compositions de The Kissinmas sont bien écrites,
vont droit au but et sont de nature à permettre de prédire un avenir
radieux à cette bande de potes débridés. Un jour proche, à la fin
de leurs concerts, ils compteront les (nombreux) billets récoltés
par leur stand merchandising avec un air détaché, comme le chanteur/comptable
de We Are Scientists. C'est en tout cas tout le mal qu'on
leur souhaite !
Sites Internet : www.wearescientists.com,
www.thekissinmas.com,
www.myspace.com/thekissinmas.
Pierre Andrieu
Lire aussi la chronique de
Jean-Michel Planat
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