WRAYGUNN + THE FILM
 


Critique du 15 novembre

Depuis l'ouverture de la Coopérative de Mai, en mars 2000, l'accent est mis sur la diversité. Cependant, sur le nombre de groupes ayant traversé notre ville, peu ont laissé une empreinte indélébile. Par contre quelques uns, beaucoup plus rares, nous ont marqué au fer rouge. Rappelez vous de Muse, de Godspeed You ! Black Emperor, de Camel, de The Pascals, du premier passage des Bellrays…Et Les Cowboys Fringants… Mais non je décoooooooooooooonne !!!

La liste n'est pas exhaustive, bien au contraire. D'ailleurs, nous allons pouvoir y rajouter deux éléments dès aujourd'hui.

Il est à peine vingt heures quarante quand The Film rentre sur scène. Face à un public plus que restreint, les quatre gars ne vont pas s'en laisser compter. Pourtant, face à une salle quasi déserte, certains groupes auraient " déroulé ". Mais là, que nenni. Comme si de rien n'était. Durant quarante minutes d'une intensité remarquables, les bordelais vont nous faire part de toute l'étendue de leur talent. Malgré un son à la limite du trop fort, tout s'enchaîne à merveille. Le plaisir est total face à tant de maîtrise. Le glam rock distillé est d'une redoutable efficacité. Scintillant, emballant, décoiffant…

Et que dire de la personnalité scénique du chanteur bassiste. Cet homme ne peut pas vous laisser indifférent. Sa façon de jouer, de chanter et de bouger vous absorbe sans concession.

Malheureusement, la fin du set arrivera bien trop vite. Mais nous venons de prendre une belle gifle qui, nous étions loin de le penser, ne sera que la première de la soirée.

La pause, bien méritée, n'arrivera pas à nous faire redescendre sur terre. C'est donc excités comme des puces que nous allons découvrir Wraygunn. Formé autour de Paulo Furtado, le combo portugais va littéralement nous mettre à genoux. Avec une énergie formidable et un plaisir palpable, le set va nous secouer les méninges durant une heure vingt.

Soul city et le prêche de Martin Luther King vont ouvrir les hostilités. Dès lors, rien ne semblera pouvoir arrêter Paulo Furtado et sa bande. Ce fou furieux va nous latter la tronche avec un mélange explosif de gospel, de blues, de soul et de punk !

Encadré de deux choristes, aussi charmantes que redoutables, Paulo va vociférer ses sermons " sexe, drugs and rock'n'roll ". Il n'hésitera pas, non plus, à descendre de scène pour aller prêcher la débauche au milieu d'un public ravi d'avoir cette icône sexuelle à ses pieds. Tout ceci n'est peut être pas très catholique mais tellement bon…

Après un peu plus d'une heure de set, le rappel débutera avec le funky blues de Hip et se terminera avec My generation. Cette superbe reprise des Who, avec un Paulo Furtado debout sur la table du " scratcheur ", finira de mettre la salle à feu et à sang.
Et pan… la deuxième tarte vient de tomber !!!

Jean-Michel Planat

Lire aussi la chronique de Pierre Andrieu

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